Patrick Condroyer
| Grade | CF (H) |
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| Né le |

1964

1965

1992

2005
| Grade | CF (H) |
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| Né le |





Debarqué de la Jeanne d'Arc en 1965 dans un rang moyen, je suis affecté en Octobre à Brest sur l'escorteur Rapide Le Picard: Navigation en Bretagne, tournée magnifique dans le grand Nord, dans les glaces, les iles Féroé, l' Islande, soleil de minuit, découverte d'un volcan sous marin, et une tempête énorme en mer d'Irlande. Belle expérience de la mer jolie!
En Juillet 67, je suis affecté à Tahiti à l'Etat major du Centre d'Expérimentation du Pacifique, à terre. Le travail à l'état major est passionnant. Je suis chef du bureau « Transports Marine », en charge de déployer les cargos « civils » du CEP dans toutes les îles pour équiper le CEP. Puis je suis affecté sur l'ANJOU, ancien cargo civil, comme officier en second. Je vais pendant 9 mois faire le tour de tous les atolls de Polynésie pour équiper ceux-ci, ce sera une période extraordinaire de découvertes de cette région.
Retour en France en Juillet 69 : je suis affecté comme élève à l'école des transmissions de la marine aux Bormettes : c'est le paradis, je n'y fais pas grand chose cependant...
En août 1970, je rejoins à Toulon l'escorteur rapide Le Vendéen comme chef du service transmissions. Navigation en Méditerranée. Belles escales, je retrouve le même commandant que j'avais sur le Picard !
J'y reste jusqu' en juillet 1972, date où je suis affecté à Baden Oos en Allemagne, aux FFA, comme professeur de transmission à l' école interarmées EOAC. Superbe affectation en pleine Forêt Noire, bien logés dans de beaux et grands logements militaires. Je m'occupe aussi du Théâtre des troupes françaises en faisant venir des troupes de Paris, très intéressant.
En novembre 1974, je retourne à Toulon comme chef de service Trans sur l'escorteur d'escadre « La Galissonnière », où je m'enquiquine un peu... jusqu'à l'été 1976 où on m'affecte à la Préfecture Maritime de Toulon comme responsable des télécoms de cette préfecture. Travail passionnant, avec mise en place des télécoms gérés par ordinateur. Je me dis là que les postes à terre me passionnent plus que ceux en mer !
Or, surprise!, je suis nommé en Janvier 1978 commandant à Toulon encore, du dragueur de mines « Le Lilas », petit bateau de 35 mètres, avec lequel je ferai pas mal de ballades sympathiques en Méditerranée, mais peu de dragages, j'ai un second qui s'occupe de cela ! Je ferai un dernier voyage avant de rendre mon commandement en Décembre, retour de Corse par le Cap Corse et 9 mètres de creux pour rentrer à Toulon. C'est mon dernier voyage dans la Marine, car à l'été 1978, en plein commandement, et venant de recevoir mon 4ème galon (à l'ancienneté), j'ai démissionné de la Marine, ayant été embauché par la société Aérospatiale en région parisienne. Cette démission en plein commandement m'a occasionné une visite chez l'amiral adjoint qui ne comprend pas cette démarche. A l'époque, les démissions sont relativement rares. Je ne l'ai pas regretté, car j'aurais fait une petite carrière dans la Marine, alors que je me suis régalé dans le privé.
Je quitte mon uniforme le 24 Décembre 1978, et rentre dans cette société le 15 Janvier 1979.
L'Aérospatiale en région parisienne me permet, à partir de janvier 1979, une adaptation rapide aux méthodes du privé, en me confiant des responsabilités assez prenantes en tant que chargé des ventes de missiles de cette société en Amérique du Sud. Elle me paye des cours d'espagnol, indispensables dans ce continent. Je vais pendant 3 ans parcourir ce continent, et vendre des missiles en équateur, Venezuela et Chili. Lors de ces voyages, je suis en contact avec des collègues d'Airbus qui cherchent à embaucher des collaborateurs pour ce secteur. Alléché, je démissionne donc de l'Aérospatiale à l'été 1981, pour entrer chez Airbus à Toulouse. Je n'aurais sans doute pas fait ce saut si Airbus avait été à Paris, car j'étais très heureux à l'Aérospatiale, mais la province française du sud m' intéressait.
Chez Airbus à partir de Juillet 1981, je suis à nouveau, avec d'autres, en charge de l'Amérique du Sud : travail très difficile car c'est le début de cette société, les avions se vendent mal ! Rapidement, je pense que cette embauche n'est pas bonne, je ne m'entends pas très bien avec mon chef qui m'a embauché, les relations avec les différentes nationalités sont conflictuelles, je sais que je ne vais pas rester.
Matra Toulouse, alors en plein développement, me fait signe, j'envoie mon CV, et suis embauché à l'été 1981 après une compétition assez difficile. Je passerai 8 ans à Toulouse, avec comme pic d'activités le succès en Juillet 1989 de l'offre de 2 satellites Espagnols, offre dont j'étais responsable, en particulier parce que je parlais Espagnol, dossier pour lequel je me suis déplacé à Madrid toutes les semaines pendant un an. Mon PDG me demande alors de m'installer à Madrid pour gérer ce contrat dans sa partie Espagnole, ce que j'accepte.
Nous nous installons à Madrid en Août 1989 avec un enfant, et je crée le bureau Matra Satellite, puis suis nommé Délégué général de Matra Marconi Space en Espagne. Période très intéressante, bien que dure au début: j'y resterai 4 ans.
A la fin de cette période enrichissante, pendant laquelle les deux satellites sont construits et lancés avec succès, dont un voyage à Kourou avec le prince Felipe d'Espagne, je suis affecté par mon PDG à Paris à la direction Export de la société.
Nous nous installons à Versailles en Juillet 1993, où j'avais acheté un appartement. Je suis Directeur des ventes export pour le Moyen Orient. Je parcours toute cette zone pendant des années, mon plus grand succès, entre autres, étant la vente de deux satellites en Egypte qui me coûteront une trentaine de voyages au Caire pour ce faire. Cette activité m'amène jusqu'en Novembre 2002 où je pars à la retraite sur demande de ma direction, un plan social devant dégager en priorité les anciens... j'ai alors 61 ans passés. Entre temps, cette société à changé 2 fois de nom, Astrium, puis EADS Space... Je la quitte avec regrets, car j'ai travaillé dans ce groupe privé Lagardère avec beaucoup d'enthousiasme et de facilités, mes supérieurs n'hésitant pas à déléguer beaucoup. Place aux jeunes, et à une retraite douce au pays Basque: j'aurais passé 16 ans dans la marine, et 25 dans le privé. Je ne regretterai aucune des deux expériences !
J'étais délégué général de MATRA Espace à Madrid de 1989 à 1993: j'avais mérité ce poste « prestigieux » pour avoir (brillamment!) gagné un contrat de vente de deux satellites pour le gouvernement Espagnol. Le premier de ces deux engins devait contractuellement être lancé de KOUROU en Guyane pour le 500 ème anniversaire de la découverte (!?) de l'Amérique par Christophe Colon, c'est à dire le 12 octobre 1992, engagement qui fut tenu.
Dès lors, il était de ma responsabilité de mettre en musique cet évènement de « mise en orbite » spatiale, évènement hautement symbolique pour les Espagnols. J'organisais donc avec les autorités gouvernementales Espagnoles un vol spécial vers KOUROU, pour environ 60 personnes, et mis au point la liste des invités: Je souhaitais la venue du Prince « Felipe de Borbon », héritier de la couronne Espagnole, alors célibataire, 24 ans, 2 mètres de haut, impressionnant! A ma grande surprise, il donna son accord. Et donc, il prit place à bord avec nous comme passager, à l'avant de l'avion, très affable, simple, sans problème, accompagné de son aide de camp.
Une tradition avait cours à l'époque, après un lancement réussi, d'organiser un grand dîner autour de la piscine de l' « hôtel des Roches » vers 23 heures ( les tirs avaient en général lieu de nuit pour améliorer les performances). A la fin du dîner, les responsables Français se faisaient un doux plaisir de pousser dans la piscine, et par surprise, les clients étrangers.
Avec mon chef de projet, je m'approche discrètement du chef de projet Espagnol, et sans qu'il s'y attende, nous le poussons tout habillé dans la piscine. Grand émoi chez les Espagnols! Je m'approche ensuite de la PdG Espagnole de cette affaire ( Madame Salgado, jeune femme très sportive, qui deviendra par la suite Ministre de l'économie et des finances du gouvernement de Mr Zapatero): Elle me voit arriver avec mon copain: je la dévisage, j'hésite, elle ne dit rien, et vlan, la voilà dans la piscine. Elle s'en amuse...Mon PdG me laisse faire.
Avec mon copain, je regarde maintenant vers le Ministre, Mr Aranzadi: c'est plus haut en hiérarchie... il ne résiste pas non plus à notre poussée et plonge à son tour ( sans doute avait-il chaud et s'y attendait-il car il avait confié son portefeuille à son garde du corps ).
Maintenant, que faire? Il reste le Prince héritier qui nous regarde en coin, avec un grand sourire! Il est à sa table en train de finir son dîner avec son aide de camp. Soudain, on me tape sur le dos, je me retourne, le garde du corps du Prince est derrière moi et me dit « El Principe, no »! Aie, grosse déception alors que le Ministre et Madame Salgado font des allers et retours dans la piscine tout habillés...
… Et c'est alors que le Prince se lève, vient tranquillement vers moi, et me dit en écartant les bras: « Pena !! » ( quel dommage!) ... Il voulait y aller ...