Yves Naquet-Radiguet
| Grade | VAE |
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| Né le | 16 février 1942 |


| Grade | VAE |
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| Né le | 16 février 1942 |


Je suis né le 16 février 1942, et j'entre à l'école Navale en 1962, après deux années de préparation au collège Stanislas.
A ma sortie de la Jeanne d'Arc, mon brillant classement de sortie me désigne d'emblée pour devenir coordinateur tactique sur les avions de patrouille maritime NEPTUNE, après six mois d'officier de détails (peinture en tous genres) sur le DUPERRE. Cette affectation me conduit, en 1968, sur l'atoll de HAO pour participer à une campagne d'essais nucléaires menée à Mururoa. Je suis ensuite affecté sur l'OURAGAN puis sur le BOURGUIGNON, avant d'être admis à l'école des armes sous marines de Toulon. A l'issue de ce cours, je suis affecté, en 1970 comme officier de lutte anti sous marine sur l'escorteur d'escadre Guépratte.
Promu lieutenant de vaisseau en 1970.
Destiné à être professeur d'électronique à l'école ASM, je suis admis en 1972 à l'école nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA) dont je sors, étonné, épuisé et diplômé en 1974 dans la spécialisation systèmes électroniques.
Mais foin de professeur d'électronique, je suis nommé, à la sortie de l'ENSTA officier de marque du projet CORMORAN, projet de sonar remorqué à grande profondeur, mené conjointement avec la marine américaine sur le bâtiment français l'AUNIS, tant aux US qu'en France..
Nommé capitaine de corvette en 1977, je reçois le commandement du patrouilleur LA LORIENTAISE stationné en Polynésie française. Je participe entre autres missions de service public (transporter les urnes à RAPA pour les élections ...européennes! Ou faire de la figuration pendant un mois à Bora Bora pour un film beaucoup plus proche du nanar que du chef d'oeuvre, qui fera d'ailleurs en France, un bide assez considérable) à deux nouvelles campagnes d'essais nucléaires. A mon retour en France, en 1980, je suis admis à l'école supérieure de guerre navale, puis, pour la seconde année, au tout nouvel institut Auguste Comte, créé par VGE pour recycler notamment les polytechniciens fatigués, et où sont invités trois officiers (dont un marin) particulièrement méritants et sélectionnés (!). Année malgré tout passionnante, où on découvre vite qu'un officier de marine moyen, fait sans problème le poids. Au diable les complexes! L'alternance politique de 1981 signe l'arrêt de mort de l'institut qui n'était pas si bien parti. Je resterai donc membre de l'unique promotion ayant accompli un cycle annuel complet!
Promu capitaine de frégate en 1981, je suis nommé chef de la section planification financière de l'état major de la Marine, je découvre la finance et les mystères du budget et du cabinet du MINDEF. Un très grand moment d'étonnement, de crises de larmes (enfin, presque), et aussi de franches rigolades (construction et livraison du sonar remorqué de la huitième frégate ASM, elle même annulée plusieurs années auparavant! Commande de deux frégates antiaériennes avec 100 MF D'AP!). Epuisant mais instructif.
Je suis alors nommé, en 1985, commandant de l'escorteur d'escadre MAILLE BREZE, bâtiment anti sous marins affecté à Brest.
Je rejoins en 1986, l'état major des armées comme capitaine de vaisseau en tant que chef de la section nucléaire et spatiale. A ce titre, tout en assurant le contrôle financier de tous les programmes concernant ces domaines, je découvre et finis par me spécialiser dans la stratégie nucléaire.
Nommé, en 1989 premier commandant de la toute nouvelle frégate anti sous marine LATOUCHE TREVILLE, j'en effectue tous les essais avant son admission au service actif et son départ pour la première guerre du golfe (qui s'achève le jour où le LTT pénètre dans le golfe!).
Je suis nommé, en 1990 auditeur du centre des hautes études militaires (CHEM) et de l'institut des hautes études de défense nationale (IHEDN) année très sympa, puis je reviens en 1992 à l'état Major de la Marine où je prends la direction du bureau études générales où j'assure (enfin, j'essaie) notamment la gestion financière de toute la marine.
Nommé contre amiral en 1993 je deviens, comme chef du bureau études et plans généraux, composé d'une dizaine d'officiers de très haut niveau, responsable de la préparation de l'avenir de la Marine : stratégies générale et navale, études technico-opérationnelles, prospective…
Nommé, en 1995, sous chef d'état major « PLANS » je deviens responsable de l'avenir de la Marine, de la gestion financière, des ressources humaines, des infrastructures et de l'organisation de l'ensemble de la Marine. Collaborateur direct du chef d'état major de la Marine, je participe à de très nombreux travaux interarmées (lois de programmation, livre blanc, revues stratégiques…). Ca y est, j'ai atteint mon objectif (qui me paraissait hors d'atteinte cinq ans auparavant...) Tout ce qui m'arrivera après sera du « rab ».
Nommé vice amiral en 1996, je suis nommé sous chef d'état major PLANS de l'état major des armées, à la tête d'une division d'une cinquantaine d'officiers supérieurs.
C'est au cours de cette affectation que je deviens président du comité mixte armées /CEA, chargé, pour le compte du ministre, de suivre et de coordonner tous les programmes d'armement nucléaires dont le CEA est maître d'oeuvre, notamment les armes. Bref, le nucléaire me poursuit, ce qui est loin de me déplaire.
Je suis, pour finir, nommé, en 1998, vice amiral d'escadre et prend le titre de « commandant en chef pour l'Atlantique », appellation qui regroupe trois fonctions très différentes : commandant de la zone maritime Atlantique (commandant opérationnel, à ce titre, j' assure le contrôle opérationnel d'une vingtaine de bâtiments de combat et d'une centaine d'avions) commandant de la région maritime Atlantique (commandement territorial de toutes les installations de la Marine notamment des quelque vingt cinq mille marins de la région) et préfet maritime de l'Atlantique, fonction civile menée, sous la responsabilité directe du premier ministre.
Au cours de cette affectation, à la tête d'un état major d'une centaine de personnes, je traite de problèmes aussi variés que la fin du service national, la mise en place de coopérations internationales, notamment avec les britanniques, les allemands et les américains, la réorganisation de la direction des constructions navales de Brest et enfin la sécurité maritime. C'est à ce titre que, cerise sur le gâteau, j'hérite en tant que responsable de l'action de l'état en mer, du naufrage de l'ERIKA, et de ses suites encore en cours à la fin de 2006, puisque trois de mes officiers (et un officier du CROSS), dont je n'ai jamais cessé d'affirmer l'innocence, sont encore en examen.
Après avoir passé trente huit ans dans la marine, je prends ma retraite « par anticipation et sur ma demande » (tu parles! Vive le conditionnalat!) en octobre 2000.
Je suis alors appelé par le commissariat à l'énergie atomique qui m'engage comme conseiller militaire de l'administrateur général, détaché auprès du directeur des applications militaires. Je peux alors légitimement et avec l'accord de mon patron (un grand bonhomme) continuer à défendre un point de vue que d'aucuns, propriétaires de la dissuasion, affirment iconoclaste, mais qui, progressivement et au fil des discours présidentiels a tendance à se faire une place dans la doctrine officielle.
Rattrapé par la limite d'age du CEA je le quitte en 2003 pour prendre une retraite définitive.
Marié, depuis 1967 avec Agnès Langlois de Rubercy, nous avons eu trois filles, aujourd'hui âgées de 34, 32 et 26 ans.
Pour mémoire et pour être complet, je suis notamment officier de la légion d'honneur, commandeur de l'ordre national du mérite et officier du mérite maritime (et pas plus fier pour cela!)