Michel Trastour
| Grade | CF(R) |
|---|---|
| Né le | 4 janvier 1941 |

1962

1963
| Grade | CF(R) |
|---|---|
| Né le | 4 janvier 1941 |


Après deux années de Baille sans problèmes, et bien que m’étant retrouvé sur la Jeanne dans un poste sympathique, je suis en revanche rapidement rentré en conflit aigu avec cette Jeanne et son encadrement, ayant personnellement perçu l’ambiance qui y régnait comme exécrable : je n'étais d’ailleurs pas le seul dans ce cas puisque je me souviens encore du CF, chef AVIA de la Jeanne (peu importe son nom….) exaspéré, et râlant au CO devant un groupe de midships médusés : «Il y en a marre de se faire engueuler sans arrêt sur ce bâtiment !.... » A chacun de se faire son idée sur l’identité de celui qui, à bord, pouvait engueuler un CF….
Ceci, ajouté à d’autres raisons que je ne détaillerai pas, m’a conduit :
J’ai donc décidé sur le moment de garder mes plumes, jusqu’ à ce que le Statut de la Fonction Militaire applicable aux officiers permette au bout de 15 ans de service de partir en les conservant…
Ayant pris cette décision, je la complétais par une ferme résolution, celle consistant à essayer d’obtenir, dans toute la mesure du possible, les affectations que je souhaitais, ce qui, dans l'ensemble, s’est ensuite plutôt bien réalisé.
Il se trouve ensuite que mes deux premières affectations, ainsi que les dernières, ont été pour moi les plus intéressantes de ma carrière courte.
D’abord le PA Arromanches, à Toulon (ce que je souhaitais) où je me retrouvais pendant deux ans avec Alain Caire. Au bout de quelques mois, le pacha nous a lachés pour le quart en chef, et comme officier de garde, ce qui en tant qu’ EV1 ètait plutôt « boostant » sur un PA, mais n’aurait jamais été le cas sur le Clemenceau. ou le Foch.
Ensuite un Escorteur Côtier, le Fringant, à Toulon, comme second, pendant deux ans, avec la chance d’avoir deux pachas qui me laissaient totalement la bride sur le cou :
Puis l’Ecole ASM, spécialité intéressante, mais avec un enseignement que je considérais personnellement comme étant surchargé par un excès d’électronique et, d’une façon générale, de matières académiques, avec très peu de temps consacré à la mer à ce qui, à mon sens, aurait du être notre finalité, l’exploitation optimale du sonar dans son environnement.
De fait, les sorties à la mer permettant d'opérer avec un sous-marin, de tirer une torpille, n’étaient que trop rares dans un enseignement dont l’objectif semblait être pour l’essentiel que les officiers deviennent de super-dépanneurs de leurs équipements.
A noter que la CEPASM, en la personne de Monnier (à l’époque CC ou CF) grand ASM devant l’éternel, ne dénonçait pas spécifiquement un excès d’électronique dans cette école (ce n’était probablement pas très différent dans les autres écoles....) mais le fait qu’ on nous enseignait encore le DUBA, un sonar ancien, et il estimait de toutes façons que les officiers sortant de l’école maîtrisaient mal l'exploitation de leurs sonars (le CF Lecointre, l’un de nos intervenants occasionnel, avait été lui aussi stupéfait d’apprendre que le DUBA était encore enseigné…)
En définitive, si en sortie de cette école, mon manque d’enthousiasme pour ce que je considérais comme excès d'électronique n’était pas nécessairement sanctionné par des notes exceptionnelles dans ce domaine, en revanche, j’aimais bien traquer le sous-marin, le tenir au bout du sonar, et lui balancer une torpille, ce qui m’avait valu la meilleure note des sorties à la mer, et j’estimais cela nettement plus pertinent…..
En anticipant sur la suite, et, pour revenir à Monnier, il se trouve que j’ai eu à le rencontrer à plusieurs reprises, en particulier à l’occasion d’une corvée que je faisais au sein de l’EM Escadre, auprès du CC Le Ciclé, officier ASM Escadre : celui-ci, obligé de partir de façon impromptue en mission à Paris pour quelques jours, me demande de le remplacer au pied levé pendant son absence, en particulier pour une réunion déjà programmée à la CEPASM., le lendemain, réunion pour laquelle je n’ai donc aucune préparation…….
J’y retrouve, en présence de Monnier, un certain nombre d’officiers ASM de différents bâtiments, réunis pour débattre de différents points techniques : l’un d’entres eux visait en particulier à analyser la situation de plusieurs bâtiments opérant ensemble et équipés des mêmes sonars BF, l’idée étant de voir comment distribuer au mieux les différentes fréquences, réparties autour de 5 KHz, afin d’essayer de réduire les interférences….
Monnier, sachant parfaitement que j’arrivais au pied levé dans cette réunion, se tourne délibérément vers moi et, l’air très affable, me dit perfidement : « j’aimerais bien avoir la position de l’Escadre sur ce point…. »
j’ai aussitôt renvoyé la balle dans son camp, en lui rétorquant que, selon moi, il s’agissait typiquement d’une question qui relevait de la compétence technique de la CEPASM…. Il a bien voulu se contenter de cette réponse et, de fait, c’ est surtout lui qui a ensuite mené le débat : pour être franc, une quarantaine d’années après, je ne me souviens plus en détail des conclusions…
Il se trouve que j’ai retrouvé Monnier plusieurs années plus tard, alors que j'étais chez Thomson Sintra ASM, lui étant alors CA au sein de EMM/MAT, et venant nous visiter à Sophia Antipolis : à titre anecdotique, j’ai saisi l'occasion d’évoquer à nouveau avec lui certains des points ci-dessus, mais il venait essentiellement se faire présenter les premiers sonars à vidéo synthétique, et il m’avait dit, n’étant pas à priori convaincu par cette avancée technologique : «j’aimerais bien me retrouver dans un PC ASM avec la possibilité de comparer vidéo brute et vidéo synthétique ».
Il n’a malheureusement jamais pu mettre celà en pratique, étant emporté quelques temps après par un cancer : la Marine a perdu avec lui, selon moi, un officier de grande valeur.
Pour revenir à la chronologie de mon parcours, j’ai, à la sortie de l’école ASM, plusieurs affectations sur escorteurs rapides, toujours à Toulon, dont je retiens deux aspects :
Un besoin d’« aération » m’a ensuite conduit à demander un poste à l’étranger, si possible en direction des cocotiers : celui de Tananarive n’étant pas reconduit pour des raisons politiques, celui de Casablanca n’étant plus ouvert car le titulaire n’avait pas été reçu à l’Ecole de Guerre, et celui de Port Gentil m’ayant été vivement déconseillé par le titulaire, j’ai finalement choisi un poste d'officier d’échange avec la Marine canadienne à Halifax, loin des cocotiers, mais proche des icebergs…
Choix pertinent, car le poste s’est révélé très intéressant pendant ces deux années où j’ai dirigé avec un officier canadien un simulateur de navigation radar sans visibilité (« blind pilotage trainer » ) une spécialité très canadienne dans la mesure où leurs côtes, surtout la côte ouest, sont souvent noyées dans la brume…
Deux remarques à ce sujet :
Pour l’anecdote, comme j’étais à Halifax l'officier le plus ancien dans le grade le plus élevé (avec un OE2, et un PM) j'avais décidé deux choses :
Au bout de deux ans, retour en France dans un poste que j’ai choisi, au SIRPA MER, répertorié pour être un poste de « dérapage » assez classique, et offrant une certaine forme de transition avec de futures orientations de carrière.
C’est à cette époque que s’est tourné le « Crabe Tambour », ce qui m’a donné l’occasion de rencontrer Pierre Schoendoerffer, un grand bonhomme, qui avait connu mon patron, le CV Bastard, en Indochine, d’où l’obtention du Jauréguiberry, maintenu temporairement au service pour les besoins du tournage sur les bancs de Terre Neuve.
Ceci dit, pour l’anecdote, il est apparu que le pacha était exactement l’antithèse de ce qu’ il aurait fallu comme pacha pour supporter les contraintes, très réelles, d’un tournage à bord : Schoendoerffer, aussi bien que Rochefort, Rich, Perrin, Dufilho, ont tout fait pour « lisser » ces problèmes, sans jamais avoir, s’agissant des acteurs, un comportement de « star »…
Accessoirement, c’ est également à partir de cette pèriode que j’ai commencé à titre personnel à suivre des cours de management en vue d’une reconversion. A l'issue d’un cursus IAE, puis ICG, je quitte donc la Marine en 1979 avec le grade de CC, ce qui me conduira plus tard, grâce à mes brillants états de service en disponibilité (mais sans aucune période) à être promu CF.
A partir de 1979, mon parcours devient donc, d’une certaine façon, atypique, en ce sens que j’embraye sur une deuxième carrière qui sera plus longue que la première.
Mon intention étant de rejoindre l’industrie de Défense, ce parcours est en revanche plutôt classique pour d’anciens marins, dont j’ai retrouvé au fil des années plusieurs représentants dans cette filière.
Pour anticiper sur la suite, je dirais qu’ avoir eu comme clients de nombreuses marines étrangères, ce qui a été mon cas pendant environ 20 ans, mais également des clients civils, est extrêmement intéressant, et j’ai trouvé dans cette activité, à l’international, un côté très « boostant » qui m’amenait à être fréquemment dans les starting blocks.
Ayant d’abord trouvé un poste d’ingénieur commercial dans la Division Radar de Thomson-CSF, en région parisienne, j’y resterai pendant quatre ans, travaillant sur des pays et des projets très divers.
Au fil des mois, on est très vite confrontés à la fois à des échecs, plein d’enseignements, et heureusement à des succès, ceux-ci conditionnant logiquement, mais pas systématiquement, augmentations et avancement…
Sans rentrer dans le détail des pays couverts et des différents projets remportés, je citerai simplement un CCIS pour la Marine Danoise, un système de veille et conduite de tir pour la Marine Tunisienne, sur un patrouilleur de CMN, et, dans l’activité civile, un ILS pour l’aéroport de Changi à Singapour, et de nombreux aides à la navigation aérienne (VOR,DME, en particulier) en Malaisie….
Ayant quand même conservé un œil sur le Midi, ma région, et sur ma spécialité, l’ASM, implantée à l’époque à Cagnes- sur- Mer, puis plus tard à Sophia Antipolis, dès qu’ une opportunité se présente, je saute dessus, ce qui se produit en 1983, pour rallier la Division ASM de Thomson-CSF, une relativement petite unité à l’époque.
Changement d'ambiance, ceci étant lié à la fois à la taille de l’unité, et surtout à la personnalité plus relax des uns et des autres, le tutoiement étant fréquent dans les rapports hiérarchiques.
Là encore, je suis appelé à travailler au cours de plusieurs années sur une multitude de pays, en Europe, en Asie, aux USA, avec une équipe de commerçants que je fais orbiter, chacun sur plusieurs pays.
Parmi les pays européens, je coiffe parmi d'autres, les Pays Bas, avec en particulier un projet important, celui des Frégates M, à équiper d’un sonar actif de coque, et d’un système ETBF.
Notre sonar actif est en concurrence directe avec le sonar de Signaal, filiale de Philips, que nous concurrençons donc sur son propre marché : après plus de deux années de négociation, passant par différents scénarios de partage du sonar actif entre les deux concurrents, nous finissons par remporter un contrat hybride où nous fournissons uniquement l’antenne du sonar actif, mais surtout le système ETBF, contre nos concurrents américain et anglais.
Il s’agit là d’une première, car non seulement le système ETBF proposé comporte une antenne digitale, laquelle est passée en CIEEMG après de longues négociations, en particulier avec la DCAN, mais l’EMM était même initialement défavorable à l’exportation de l’ensemble d’un système ETBF…
Pour l’anecdote, mon beau-frère, Alain Denis, était SCEM/MAT bien avant que l’appel d’offres pour ce projet ne soit émis : il était venu nous visiter à Cagnes, et, devant les velleités d’exportation de systèmes ETBF annoncées par mon PDG, il s’était vivement élevé contre de tels projets, et nous avait dit :
« Je vous soutiendrai à fond pour votre projet d’absorption de votre concurrent de chez Sintra Alcatel ( Sté. dont la division ASM était à l’époque dirigée par Henri Lorain…) mais je m’oppose vivement à l’exportation d’équipements liés en particulier à la sécurité de nos SNLE. »
Pour mémoire, il nous a ensuite effectivement soutenus jusqu’ à ce que soit créée Thomson Sintra Activités Sous-Marines, résultant de l’absorption par la division ASM de Thomson CSF de celle de de Sintra Alcatel.
A l’issue de sa visite à Cagnes, j’avais indiqué à mon PDG qu’ à titre personnel, je me garderai désormais d’évoquer à nouveau ce projet d’exportation de systèmes ETBF auprès de mon beau frère, et je lui avais suggéré de faire de même…..
Il se trouve que mon beau frère est parti quelques temps après commander l’Escadre de la Méditerranée, alors que dans le même temps, l’accord CIEEMG se présentait favorablement.
Une fois le contrat signé, je ne résiste pas au plaisir d’en annoncer la nouvelle à mon beau frère, qui me rétorque :
« Depuis que j’ai quitté Paris, ils ont tout laissé filer à l’Etat-major !.... »
Je lui ai quand même rétorqué que si ce sonar n’avait pas été français, il aurait été américain ou anglais…..
Les succès de l'unité font que dès les années1985/90, nous devenons leader mondial à l’export dans le domaine du sonar, damant le pion à nos principaux concurrents, américains, anglais ou allemands, en particulier les anglais, sur leur propre marché : alors que nous sommes déjà très implantés sur ce marché, surtout sur leurs SM conventionnels, et à un moindre degré sur leurs SNA et SNLE, notre taille commence à indisposer nos concurrents, provoquant une campagne de presse largement orchestrée par eux, dénonçant, alors que nous sommes candidats à de nouveaux projets sur leur marché, la « long nose french approach…. »
Moyennant quoi nos concurrents, avec une politique de prix quasi-suicidaire, mais également avec une certaine complicité du MOD, remportent contre nous la refonte des SM conventionnels Upholder et Oberon, en dépit du choix que nous avions fait d’un partenariat occasionnel avec un industriel britannique, Dowty, dont nous étions le sous-traitant….
Il apparait alors de plus en plus clairement que la règle du jeu incontournable pour élargir notre présence sur ce marché très important du sonar, passe maintenant par une alliance stratégique avec un industriel britannique de gros calibre. Le MOD ne se prive d’ailleurs pas de nous le faire savoir avec un certain humour, en nous passant le message suivant :
« Le temps des fiancées est maintenant révolu ; il est temps que Thomson Sintra ASM pense
au mariage…. » Véridique !....
Une telle alliance, s’inscrivant logiquement dans une stratégie de croissance, devient alors le seul scénario envisageable pour introduire notre technologie sur ce marché : reste à trouver le partenaire avec lequel nous allons filer le parfait amour, en pratique, créer une filiale, destinée à devenir, ce qui est incontournable, notre contractant principal dans l’approche des projets britanniques.
C’ est ainsi qu'après avoir « publié les bans », nous créons en 1990 une filiale avec Ferranti, dans laquelle nous sommes majoritaires, et dont je dois devenir le Directeur Commercial : c’ est sans compter avec le MOD britannique, très sourcilleux en particulier sur les aspects « US/UK eyes only », et qui nous écrit une belle lettre dont les termes sont mot pour mot :
« I would not see any french national in the executive team. » Ah, perfide Albion !.... Exit donc le scénario qui prévoyait par ailleurs deux autres français aux postes de Directeurs Technique et Financier : ce seront finalement trois anglais, mais choisis et nommés par Thomson Sintra ASM.
Je pars quand même passer deux ans près de Manchester dans cette filiale, avec la mission de gagner, via notre filiale, un contrat de sonars trempés (le FLASH) pour équiper l’hélicoptère EH 101, et nous avons la chance que notre sonar soit sélectionné pour ce très gros contrat, 44 sonars et leur logistique, contre le sonar américain et contre le sonar anglais.
Le « super prime », contractant principal titulaire de cet énorme contrat pour les 44 hélicoptères est IBM (c’est le plus gros contrat jamais remporté par IBM, toutes activités confondues…)
Dès réception de la lettre d’intention émise par le MOD, nous entamons donc pendant plusieurs mois une négociation tripartite particulièrement intense, impliquant IBM, notre filiale anglaise (dont nous sommes donc sous-traitants) et nous-mêmes.
Mais comme notre filiale ne connait pas notre sonar et n’a aucune expérience des négociations internationales puisqu’elle n’a jamais opéré que sur son marché national, c'est donc nous qui menons le jeu à sa place, situation paradoxale, mais assez inconfortable pour elle…
Une fois tous les aspects contractuels bouclés en 1992, je regagne la France, à Sophia Antipolis, pour y diriger la communication de Thomson Sintra ASM, société maintenant dirigée par un nouveau PDG brillantissime, Denis Ranque., qui, plus tard, deviendra le PDG de Thomson-CSF, qu’ il rebaptisera THALES.
Celui-ci va très rapidement mener à bien la création d’une société internationale, Thomson Marconi Sonar, regroupant une filiale française(ex-Thomson Sintra ASM) une filiale australienne (ex- filiale de Thomson Sintra ASM) et une filiale anglaise, la plus grosse, regroupant les structure sonar qui étaient celles de Ferranti et de Marconi : cette nouvelle société regroupe environ 3000 personnes, et j’intègre la holding pour diriger la communication, dans cet environnement multi- culturel particulièrement « challenging ».
Quelques années plus tard, la donne politique nationale ayant changé, le groupe Thomson CSF, notre société mère, passe par la force des choses aux 35 heures : dans les mois précédents, j’ai participé, comme d’autres, à des groupes de travail dont l’objectif était de réfléchir aux mécanismes à mettre en œuvre pour répondre à cette contrainte imposée par « La dame des 35 heures » (titre d’un livre très instructif écrit sur le sujet par un journaliste, Philippe Alexandre….) et, alors que je ne suis pas, dans mes fonctions, directement concerné par la mesure, je partage tout à fait le diagnostic qui était celui de Jacque Attali (mais oui, je l’ai entendu à la radio….) « Les 35 heures ont inoculé à la France le virus de la paresse…. »
n’ayant aucunement l’intention de rester plus longtemps dans une industrie en RTT quasi- permanente, alors que nos clients s’inquiètent et que nos concurrents ricanent, je mets en place les 35heures (dans la partie française de mon équipe…..) et demande donc à ma société de me licencier, ce qui est fait en 1999.
Le paradoxe est qu’ alors même que je vomis les lois Aubry, j’en bénéficie donc, ce qui est parfaitement immoral, donc indéfendable…. Mais je pense avoir quelque chance d’être absous au jour du jugement dernier….
Mes occupations professionnelles une fois derrière moi, je poursuis, avec beaucoup plus de temps disponible, une activité que j’ai démarré il y a une trentaine d’années en parallèle avec ma seconde carrière.
Depuis le début des années 80, je m’occupe en effet, en liaison avec un ami urbaniste, de projets immobiliers pour le compte de deux propriétés familiales situées dans le haut Var, activité passionnante, très technique, mais parfois très lourde, qui m’a fait devenir un urbaniste quasi-professionnel, sans en avoir la rémunération….
Ceci m’a en particulier amené, dans une propriété de mon côté, en indivision, à me battre pour qu’ elle ne soit pas vendue, en lui apportant des ressources par le biais d’une opération immobilière sur une partie de la propriété.
En dépit de cette opération, elle sera malheureusement vendue pour un certain nombre de raisons que je ne pouvais maîtriser….
Sur l’autre propriété, du côté de mon épouse, ancienne Commanderie des Templiers, nous sommes actuellement plus de 150 représentants de la même famille, sur quatre générations, et constitués en Société Civile familiale.
La propriété étant très vaste, répartie sur trois communes, je me suis d’abord occupé il y a 25 ans d’un projet de golf sur une partie de la propriété, projet qui n’a finalement pas débouché, faute en particulier de l’adhésion suffisante du maire de la commune concernée, et surtout d’Arreckx, à l’époque maire de Toulon, mais surtout Président du Conseil général du Var…..
Cette propriété, de la taille d’une petite commune, est actuellement une véritable entreprise, avec de l’exploitation forestière, agricole, pastorale, viticole (nous faisons du vin) et nous sommes sur le point d’y implanter, via un opérateur, un parc solaire photovoltaïque d’environ 15ha, dont le permis de construire vient d’être obtenu à l’issue de deux enquêtes d’utilité publique entre lesquelles a été effectuée une étude d’impact environnemental.
Sur cette opération, on en prend pour quelques dizaines d’années, mais avec un revenu qui devrait permettre en particulier d’amorcer la construction d’un nouveau hameau à quelque distance des bâtiments existants….
En effet, par suite du caractère explosif de la démographie familiale (nous serons environ 300 dans une vingtaine d’années), la seule maison que j’ai pu faire construire sur le domaine ne pèse rien alors qu’ il faudra loger les générations futures, ce à quoi je m’emploie actuellement en négociant avec les maires de deux communes, et leurs consultants, le passage au PLU de ces deux communes.
Cela se profile plutôt bien, puisque, les enquêtes d’utilité publique étant actuellement en cours sur ces deux communes, elles devraient confirmer l’obtention d’une SHON susceptible de se situer entre 4000 et 4500m2, avec en outre la possibilité de pouvoir restaurer en partie plusieurs bâtiments dans un contexte agricole, en particulier d’anciennes fermes, actuellement en ruine.
Pour conclure, je n'ai donc pas encore atteint le stade d’une retraite paisible, il s’en faut, et, avec un peu de chance, je peux encore envisager deux ou trois quinquennats avant de décrocher (cela n’est pas donné à tout le monde….)
Mais tout celà ne m’empêche pas de continuer à pratiquer tennis et ski (avec moins d’intensité, mais tant que la carcasse tient…) et surtout vélo et randonnées en montagne.
Il est vrai qu’à cet égard, avoir la chance de résider en PACA, facilite quelque peu les choses….