Michel d'Escayrac

Ce n'est pas passé loin !

Très jeune pilote sur Étendard IV (quelques heures), je décolle de Hyères accompagné d’un moniteur (sur son propre appareil). Nous devions monter à haute altitude. Les nuages couvraient le ciel. Le moniteur s’est donc mis en formation serrée sur son élève et nous avons entrepris la montée dans la couche. Celle-ci était fort épaisse, le ciel bleu tardait à arriver. Bientôt cependant, la densité des nuages devenait moindre et nous commencions à voir du bleu au dessus de nos têtes. Inconsciemment, j’ai tiré sur le manche pour déboucher plus vite mais la vitesse est tombée un peu si bien que je me suis retrouvé dans un domaine de vol exposé dans le manuel-pilote mais qui n’avait pas suffisamment retenu mon attention. (Avait-il retenu l’attention du moniteur ? En tout cas, il est resté fort silencieux sur ce coup-là). Mais mon moteur s’est éteint (pas le sien). Me voila en planeur. Nous repartons donc en descente dans la couche. Il faut rallumer et ne pas manquer la manœuvre ; je me mets à l’œuvre lentement (trop), précautionneusement, accompagné cette fois des commentaires du moniteur.

Finalement tout se passe bien, le moteur repart.

Mais nous avions perdu beaucoup d’altitude. Tout à coup, j’aperçois le sol à travers les nuages, je descends donc un peu et nous nous retrouvons sous la couche – dans l’axe d’une vallée – heureusement dans le bon sens – mais les collines (ou les montagnes), de chaque coté disparaissent dans les nuages !!!

Nous avions encore eu beaucoup de chance, à quelques centaines de mètres de là, nous étions plantés tous les deux.

Nous trouvions du coté du mont Ventoux, pas loin d’Orange. Il a été décidé de rentrer à Hyères en vol à vue, à basse altitude. La suite… un débriefing très instructif.