Jean-Renaud Estrade

Sous traitances en cascades…
et bonne affaire commerciale

Avril 1971. Un lundi matin ordinaire. Biarritz-Indret : 5 heures de moto.
9 h : une douche et la visite des ateliers pour préparer la réunion hebdomadaire programmée à 16 h, pour éviter qu'elle s'éternise.
Atelier de chaudronnerie : un délicat travail de dentelles métalliques est en cours. Une sous- traitance, prise pour pallier la déficience du plan de charge, tourne au casse-tête.
Atelier de mécanique : Deuxième sous-traitance. Une plaque d'inox particulièrement grasse est à sculpter comme une œuvre d'orfèvrerie. Il faut rechercher une méthode d'usinage pertinente, pas évidente d'emblée.
Mais… ce grand diamètre, ces trous d'assemblage… Oui, ces deux ensembles sont fait pour être montés l'un sur l'autre.
Quelques coups de fil remontent la filière des sous-traitances en cascades (quatre ou cinq niveaux) et l'objet est identifié avec son donneur d'ordre primaire.
« Une grille d'appontage d'hélicoptère et de Service Technique des Constructions et Armes Navales (STCAN) »
Les deux ateliers, mis au défi et sous la pression de la concurrence, font preuve d'imagination et d'efficacité. Les contrats sont honorés.
En rester là ne me parait pas acceptable. Je joue à « quitte ou double » et je propose à l'ingénieur en chef du STCAN de fabriquer les grilles suivantes pour la moitié du prix obtenu pour la première, sans le connaître.
La proposition séduit et, surprise au vu de la demande de travaux : le montant de la cession couvre nos coûts et beaucoup plus. La suite fut encore plus belle. Il y eut beaucoup de bateaux à équiper dans notre marine et une importante demande à l'exportation à honorer.