Jean Pierre Halleman

Vie dangereuse !

En 2005, j'étais à Djibouti, responsable (pour le compte d'un investisseur de Dubaï) de la construction d'un assez gros terminal pétrolier (dans lequel le gouvernement local poussait la marine à s'approvisionner, à cout plus élevé que le système alors en place)

Tout était "organisé" avant mon arrivée tout début 2005, avec les travaux de génie civil réalisés par une entreprise appartenant (en sous-main, via son "portefeuille") à une très haute autorité politique - cette entreprise était une catastrophe , une montagne d'incompétence, et en accord avec mon mandant de Dubaï, et via eux, nous avons réussi à la sortir et à la remplacer par d'autres sociétés plus  efficaces

Bien entendu, tout le monde l'a su, et Mohammed , le "portefeuille" a perdu la face, et m'a rendu -sans le dire- responsable de cet échec- à ce moment-là, a l'été, j'ai eu la visite à trois reprises du numéro deux de l'ambassade de France, et aussi celle, répétée de l'équivalent de l'ambassade US , qui s'inquiétaient sur mon sort (le terminal devait aussi servir la marine américaine en repli d'installations en Irak).

Un jour Mohammed est arrivé, non annoncé, sur le site, accompagné d'une brochette de locaux- rassemblement dans la salle de conférence pour présentations, et je demande a Mohammed qui était avec lui. Il me présente ses hôtes, et je lui demande de me dire aussi le nom de mon voisin de siège… réponse : « Ah ; lui, c'est Ahmed, un chef de guerre du Somaliland… il a tué 80 personnes ». Et se penchant en travers de la table dit "Ahmed, c'et 80 ou 90 que tu as tué?" ...quel beau message

Pas très longtemps après, je suis parti vers des ciels plus cléments