Gérard Jamin

Extraits de ma correspondance
relatifs à la vie du poste 21


Van Aelst, Jamin, Romieu, Catta
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Lundi 11 mai 1964

... Samedi soir je suis allé au chibi.
J'allais remplacer Van Aelst qui devait être en prison ce soir-là car il avait aussi un rendez-vous d'amour au même moment: comme le maître de surveillance était nouveau et qu'il ne savait pas qui était Van Aelst et qui était Jamin, l'opération, c.à.d. la substitution, s'est faite sans risques.

Dimanche 31 mai 1964

Nous avons quitté l’Ecole Navale mercredi, jeudi, vendredi et samedi matin pour faire un stage d’infanterie à l’anse de Dinan. On s’est d’abord transformé en biffin en troquant notre habit de marin contre la tenue verte du fantassin, sa musette, son sac à dos, son arme et ses munitions (moi, comme j’étais chef de pièce, j’avais un fusil lance-grenades).
Arrivés sur place, en camion, nous avons installé le camp et monté les tentes. Avec Van Aelst, mon camarade de tente, on est allé chercher de la paille dans une ferme voisine, pour en faire un épais tapis de sol. La question du couchage étant réglée (de la paille, une couverture par-dessus et enfin nos sacs de couchage) on était paré.
Nous sommes alors retournés au village proche pour acheter au commerçant qui le ravitaillait, quelques petites bricoles pour rendre notre séjour encore plus agréable : des tomates, des œufs, des bananes, des pommes, du sel, de la boisson, de la margarine etc… Comme tous les autres ont fait la même chose le camion du commerçant a été nettoyé en un clin d’œil : il ne lui restait plus que quelques paires de chaussons et quelques serpillères. Ça on ne savait vraiment pas quoi en faire. Du coté de « la graille » on était donc aussi paré. En outre Van Aelst qui est un fin cuisinier, a su faire des petits plats délicieux.

Quant au stage lui-même, il n’a pas été trop fatiguant : tirs de nuits au fusil et au P.M., lancers de grenades offensives, tirs de mortier de 81 et au mortier de 60, puis au fusil lance-grenades et finalement au lance-roquettes anti-chars ou bazooka.  Là, notre capitaine de compagnie, le LV Estival, qui est aussi notre professeur d’infanterie, avait eu une idée astucieuse. Il avait fait construire, grandeur nature, un profil de tank russe, en toile, supporté par un cadre en bois, monté sur une paire de skis, le tout tiré derrière un camion, sur la plage : on devait tirer dedans !