François Romieu

Direction les finances

Janvier 1989, je suis à Paris en stage de reconversion à l’ICG, la Marine est une bonne mère ! Grâce aux des gens avec lesquels j’ai bossé à Cherbourg, j’ai une lettre d’embauche pour le poste de chef opérations chez les Abeilles à Dunkerque. Mon amiral, le Prémar que je viens de quitter à Cherbourg, m’écrit fort opportunément pour me signaler un concours externe d’accès au corps des conseillers de Chambre Régionale des Comptes (CRC) qu’il a vu signalé au JO. Je connais à peine l’existence de ces nouvelles juridictions nées des lois de décentralisation de 1981. Je me commence à me documenter et fait successivement la connaissance de Mirabeau (promo 60), qui est à la Cour des Comptes, et de Boillot, ancien commissaire et conseiller à la CRC d’Ile de France. Ils acceptent de bon cœur de me guider pour établir un dossier de carrière assez détaillé à présenter pour ce fameux concours. Mirabeau va jusqu’à rédiger en termes choisis et plutôt flatteurs la lettre d’appréciation que l’amiral DPMM recopiera intégralement.

Je fais partie d’une première sélection qui doit passer un entretien : on me fait parler de mon métier, les sous-marins ont l’air de plaire, on ne me pose aucune question d’ordre administratif ou juridique, je réponds très poliment, ça dure 20 minutes et on me libère. Un mois après, Boillot qui lit le JO m’apprend que je suis reçu…premier ! Voici l’explication : depuis le création des Chambres, la Cour des Comptes, autorité administrative des Chambres, a recruté les conseillers presque exclusivement dans le vivier du ministère des Finances. Après quelques années d’expérience, au vu des rapports produits par les CRC, la Cour a constaté que les angles d’attaque des conseillers rapporteurs étaient trop semblables et qu’il fallait élargir les champs d’analyse des comptes de collectivités territoriales, et donc ouvrir largement l’éventail de sélection.

J’ai présenté ma candidature au bon moment, la Cour a dû trouver qu’un sous-marinier ça faisait exotique et c’est comme ça qu’ils m’ont choisi ! J’étais le seul officier de Marine dans ce corps et j’arrivais dans un métier où j’avais tout à apprendre, mais c’est une autre histoire. Conclusion, merci le Prémar, Mirabeau, Boillot et le DPMM, quel faisceau de chances !